Le gouvernement français envisage de rapatrier les centres d’appels des opérateurs télécoms

Le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg s’est renseigné auprès des dirigeants des opérateurs télécoms dans quelle mesure il était possible de  relocaliser leurs centres de traitement d’appels en France de façon à ramener des emplois. Une mesure de radicalisme perçue comme étant compliquée à mettre en œuvre par les observateurs du marché mais France Télécom a déjà manifesté sa volonté d’embarquer dans l’aventure.

Le ministre Arnaud Montebourg souhaiterait que les centres d’appels qui sont largement délocalisés à l’étranger reviennent en France, du moins pour les opérateurs de téléphonie afin d’obvier aux risques de destructions d’emplois qui menacent la filière actuellement.
Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin (ministre déléguée au Numérique) se sont entretenus avec les dirigeants des principaux opérateurs de télécommunication en début juin concernant l’emploi des call center. Orange, Vivendi-SFR, Iliad et Bouyges Telecom ont participé aux échanges.

Pour le moment, le projet est au stade de la réflexion car le gouvernement envisage surtout de remettre à plat les questions de concurrence dans le secteur dans le but d’établir un meilleur équilibre entre les intérêts des consommateurs, des employés et des fournisseurs de services.

Mesure très compliquée car : Pour cela, il faudrait que les opérateurs acceptent de payer plus que ce qu’ils ne doivent à leurs sous-traitant (30 euros au lieu de 15, voire 10 euros par heure) tout en dégageant des bénéfices importants selon Frédéric Madelin. Par ailleurs, la première vocation de la délocalisation de ces services est de permettre une disponibilité 24h/24 incluant la continuité soir et week-end, sans parler du fait que les conditions de travail sont très peu attractives et que l’on est ainsi beaucoup de mal  à embaucher en France.

Néanmoins, Orange se dit prêt à jouer le jeu. Gervais Pellissier, directeur financier du groupe France Télécom, a déclaré à Reuters que son entreprise était prête à relocaliser tout en  rappelant le cas de l’Espagne : France Télécom a déjà fait un rapatriement de ses centres d’appels qui étaient implantés en Amérique latine afin d’améliorer la qualité de son service.